Hier je suis tombée sur une phrase que j’ai
écrite il y a quelques mois :
« Ma vie commence là où s’arrête la
tienne »…
Ça veut dire que j’attends, j’espère, que la
vie de mes abuseurs soit détruite, pour enfin vivre la mienne.
Mais ça n’a pas de sens…
On peut dire : la roue tourne, le karma
punit, ce genre de choses…
Je ne peux pas continuer comme ça, rester dans
l’attente d’une punition ou d’une destruction.
Parce que je vis dans l’attente. Et mon ventre
se sert quand tout prend trop de temps, les punitions de la vie comme celles de
la justice.
Ça reste encore vivre par rapport à eux, en
fonction d’eux.
Est-ce que ce n’était pas déjà assez que de
leur donner toutes mes souffrances ?
Est-ce que ce n’était pas assez de me détruire
comme je le faisais ?
C’est encore trop leur offrir que cette
attente, mon angoisse. Trop leur donner d’importance.
Alors, comment on fait ?
Quand l’essentiel de sa vie est dirigée vers la
guérison, mais comme une forme de revanche ?
Quand certains matins seule la colère m’aide à
me tenir debout ?
Comment se détacher de tout ça ?
Je rêve de la paix en moi.
Ne plus me laisser emporter par le feu, ne pas
attendre de régner sur des cendres.
Mais chaque fois que je pense à la paix, je ressens
une rébellion, un appel :
Pas de Paix. Hors de question.
Cette partie de moi qui ne laissera pas tomber
les armes, prête à se battre coûte que coûte.
Je ne sais pas quoi faire d’elle.
Je ne sais pas si je peux lui apprendre à
laisser aller toutes ces choses qu’elle ne maîtrise pas.
Laisser aller, pour s’occuper d’elle, s’occuper
de moi…
Laisser aller, pour guérir les blessures, au
lieu de les garder ouvertes et douloureuses comme des offrandes à la colère.
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