samedi 28 février 2026

Où me trouver à présent

Je n'écris plus sur ce blog.

Il était une sorte de journal intime de ma reconstruction de traumas sexuels.

Je ne sais pas si je suis 100% reconstruite, mais je vais mieux. Et de mieux en mieux.

L'expérience de cette sorte de journal intime était pour partager et me sentir moins seule.

Je me suis sentie moins seule. Partager m'a fait du bien. Je le laisse en ligne car je lui dois beaucoup.

Si vous me cherchez ailleurs, vous pouvez me retrouver ici sur mon nouveau blog poétique, mais également  où j'ai mis en ligne tout ce que j'ai écrit sous forme de recueils.

mercredi 20 juillet 2022

Mercredi 20 juillet 2022

 

On nous demande toujours de se projeter dans l’avenir, d’avoir des projets, de savoir ce qu’on veut.

 

Moi, je n’y arrive pas. Je ne sais pas.

Je change tout le temps. D’une heure à l’autre, d’un jour sur l’autre…

 

Bien sûr, il y a des trucs qui restent, des envies qui ne changent pas.

Il y a un socle qui n’a jamais bougé et ne changera jamais.

 

Le socle principal : aller mieux, être heureuse.

Pouvoir dire un jour : « J’ai vaincu tout ça. »

 

Mais pour le reste… Quand on me demande où je me vois dans cinq ans, je ne sais pas répondre.

 

Parce que la Moi de « dans cinq ans », ce n’est pas la même que la Moi de maintenant.

Et je ne peux pas définir ses envies, ses rêves, ses projets. Je ne peux pas y réfléchir à sa place.

 

J’essaie déjà de vivre le présent, et de me débrouiller comme je peux avec le passé.

 

Ne me demandez pas de me rajouter les soucis de mon avenir, qui je serai et ce que je deviendrai…

 

Je débroussaille pour la Moi du futur, c’est ce que je peux faire de mieux pour elle, pour qu’elle puisse aller plus loin que moi, si elle le souhaite.

 

Alors finalement, je ne sais toujours pas où je serai dans cinq ans, mais je sais où j’étais il y a cinq ans…

Je peux voir cette évolution-là, au moins. Et c’est déjà pas mal.

 

Je suis pressée d’être dans cinq ans encore, et de me retourner pour voir une plus grande évolution.

lundi 4 juillet 2022

Lundi 04 juillet 2022

On est peut-être trop habitué à avoir peur pour pouvoir vivre libre.

Trop habitué à se faire invisible pour oser exister.

Et trop habitué à la honte, pour pouvoir être fier…

 

A vivre si longtemps enfermé comme dans une cage, on reste un peu timide, un peu fermé, même quand on en sort.

 

Et déjà, apprendre à en sortir, c’était un énorme effort.

 

La cage, on la connaît, on a appris à vivre à l’intérieur.

Et quand on l’ouvre, c’est le monde entier face à soi… Il y a de quoi être effrayé.

 

Ça prend du temps de comprendre qu’on n’est plus enfermé, qu’on peut enfin faire ce qu’on veut et vivre comme on l’a toujours souhaité.

 

Ça prend du temps de marcher au milieu du monde sans peur, et en toute confiance.

 

La cage n’est jamais loin… Enfer ou refuge, parfois on ne sait plus.

 

On  est trop habitué, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas apprendre, et se désenchaîner totalement de tout.

Et du poids du passé, et du poids de se taire. Et du poids de la honte de s’être laissé faire.

 

Puis un jour, oser vraiment se regarder avec fierté.

Relever la tête, plutôt que raser les murs et se cacher sous terre.

Parce qu’il y a de quoi être fier, à crever le silence, vaincre les murs, vaincre la honte, et puis la peur. 

Vraiment <3

 

mardi 14 juin 2022

Mardi 14 juin 2022

 

Les bouffées d’angoisse au réveil, c’est parce que je dois tout me rappeler.

Il faut que je me souvienne quel jour on est.

Où je suis.

Et ensuite, le plus dur : qui je suis…

 

Je suis celle qui a vécu ÇA, celle qui a fait tout ça, je suis celle-là…

 

Un jour quelqu’un m’a demandé « qu’est-ce qui provoque les angoisses ? ».

Dans la liste, parmi tout le reste, il y avait principalement « Juste penser à ma vie »

Parce que rien que ça, ça suffit…

 

Il y a ce qu’on m’a fait.

Et il y a ce que je fais depuis le début pour survivre.

Ça, c’est pas mal de s’en souvenir, en vrai. Pas si mal. Mais c’est le combat, cette lutte de tous les jours.

 

Une lutte qui continue chaque matin, dès le réveil.

C’est pas normal d’avoir à lutter comme ça, je le sais et tout le monde le sait.

 

On dit que je suis courageuse. J’ai l’impression que rien n’est moins vrai.

Je me lève chaque matin avec la peur au ventre, la peur de vivre et de devoir me battre encore.

 

Et chaque matin, je me rappelle pourquoi je suis encore là.

 

Pour moi ça n’a rien d’héroïque parce que c’est de la survie.

Parce que, quand on est trop souvent proche de la mort, il y a comme un déclic à l’intérieur, qui pousse pour continuer à vivre.

 

Parce que la vie veut être la vie et rien d’autre.

Il n’y a pas tellement de mystère ou de secret, il n’y a que ça : la vie qui refuse l’éventualité de la mort, et qui te poussera à continuer de vivre, quoiqu’il arrive.

Jusqu’à ce que tu sois trop épuisé pour te lever vraiment. Et même encore là, c’est possible qu’elle pousse encore…

 

Alors je me réveille, et j’ai l’angoisse de devoir rester en vie malgré tout ça.

L’angoisse d’avoir toutes ces choses à faire, et à refaire encore.

Et puis me souvenir de ce qui m’a faite telle que je suis et de ce qui fait que je suis toujours là, toujours présente, un pied devant l’autre…

 

vendredi 3 juin 2022

Vendredi 03 juin 2022

 

Je suis désolée de dire ce que je vais dire, mais c’est la vérité.

 

La vie n’a pas plus de sens après avoir parlé qu’avant.

 

C’est toujours le même foutu trauma, et la même foutue vie.

Avec, en plus, le trauma de s’être battue pour faire entendre sa voix.

 

Je ne sais pas ce que j’imaginais.

 

Peut-être que je pensais qu’une fois l’histoire racontée, sortie de moi, le trauma s’évaderait pour vivre sa propre vie, ailleurs, et le plus loin possible.

 

Peut-être que je pensais qu’affronter l’agresseur me rendrait plus forte, plus sûre de moi.

 

Mais c’est faux.

Je suis la même personne dans le même corps, et si l’agresseur est vaincu, le trauma est loin de l’être.

 

Alors, à quoi m’a servi tout ça ?

J’espère qu’un jour j’aurais la réponse.

 

Souvent j’ai lu des livres qui, en somme, racontaient cette histoire : mon agresseur m’a violée, j’ai souffert, je suis allée en justice, et depuis je vais mieux, j’ai pu reprendre le cours de ma vie…

 

Les livres se terminent toujours sur une note positive du genre, « voilà une page de mon histoire qui se tourne, enfin ».

 

Et les livres mentent.

Parce que le trauma te renvoie toujours à la même page, bien que tu essaies de changer.

 

Moi, je voulais savoir ce qui se passe après. J’ai vu.

Pour l’instant, je ne vois rien d’autre que le néant.

 

Ce n’est peut-être qu’une phase, ce n’est peut-être rien dans ce qui m’attend réellement pour l’avenir.

Car après tout, je n’ai plus à avoir peur de me cacher. Je n’ai plus à faire semblant d’être ce que je ne suis pas.

 

J’ai crié au monde que je suis une fille violée, et la grande avancée c’est que je peux enfin m’autoriser à être moi-même. Avec mes souffrances, avec mes cicatrices.

 

Je voulais n’écrire rien de déprimant, pour ne tirer personne vers le bas.

Mais je ne peux pas, et je veux dire la vérité.

 

 

dimanche 8 mai 2022

Dimanche 08 mai 2022

Est-ce que ça t’arrive de te lever le matin avec le vague à l’âme ?

Avec la nostalgie et la colère de tout ce qui a été perdu, détruit…

 

Bien sûr, il y a la joie de ce qui nous reste, de ce que l’on devient. Et rien ne peut effacer ça.

 

Mais certains matins, c’est la tristesse de tout ce que la tempête a soufflé, de tout ce qui a été dévasté.

Certains matins, c’est juste ça : le soleil qui brille sur les ruines.

Les ruines, mises en lumière. La poussière qui s’accumule avec le temps.

Et la colère, intacte.

 

Tu sais que demain sera un autre jour, plus joyeux, sûrement. Tu sais que l’avenir peut tout changer et t’apporter le meilleur.

Mais il y a ces matins avec le passé qui se réveille, son goût amer et dégueulasse de destruction et d’inachevé.

 

Est-ce qu’on s’habitue à tout ça ?

Est-ce qu’un jour on se réveillera sur un passé qui ne fait plus souffrir ?

Je l’espère, et je ferai tout pour.