Je commence à croire en l’importance du dépôt
de plainte.
Mettre des mots sur ce qui s’est passé, rendre
les choses réelles face au monde, avoir ce papier qui dit « voilà ce qui m’est
arrivé ».
La plainte laisse une trace écrite,
officielle.
Ce ne sont plus des souvenirs en boucle dans
notre tête, ce sont désormais des mots posés sur le papier, notre parole
recueillie.
C’est une démarche qui demande de la force et
du courage, et malheureusement la justice est rarement à la hauteur de toute l’énergie
que nous avons mise en œuvre pour arriver jusque-là...
Après cela, il peut arriver n’importe quoi comme
rien du tout.
Est-ce que ça peut nous rendre plus fort de le
faire ?
Est-ce que ça peut au contraire nous affaiblir
d’être allé aussi loin, de courir le risque de n’avoir aucun résultat concret,
aucune promesse réelle d’obtenir justice ?
Je n’ai pas de réponse à ces questions.
A diverses périodes, je me sens très forte, et
à d’autres moments je me sens très faible.
Le temps de la justice est long, tellement
long, et cela nous donne trop de matière à cogiter, tourner, retourner toutes
les questions dans tous les sens…
On a peur de tellement de choses, peur d’une
réaction du coupable qui pourrait vouloir nous faire encore plus de mal, peur
que cela nous apporte plus de problèmes que de solutions, peur d’avoir trop d’espoir
ou de ne pas en avoir assez…
Des doutes, et encore des doutes.
Porter plainte remue tellement de choses, c’est
un énorme combat qui semble ne jamais vouloir se terminer.
Et malgré tout, j’y crois.
Nommer le coupable (quand on le connaît),
laisser une trace écrite, vouloir une réparation, demander la justice… Autant d’actions
qui peuvent nous aider dans notre cheminement, même si les résultats ne sont
que trop rarement à la hauteur de nos attentes…
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